Un temps pour rouler, un temps pour bloguer… 25 septembre
UN ACCIDENT DE PARCOURS
DERAPAGE INCONTROLE
J’ai rangé mon vélo… Contraint et forcé ! Une mauvaise chute à l’entraînement ! Un virage négocié trop vite ! La roue qui part, la bécane qui suit, le bonhomme qui s’envole… Ça s’est passé très vite ! Pas le temps de réagir… et pas celui, non plus, de comprendre ce qui s’est vraiment passé. Un peu sonné, je me relève… Un coup d’Å“il au vélo ! Ouf ! Il n’a rien de cassé ! Moi, je suis un peu flag mais ça va aussi ! à part une écorchure au niveau du tibia, c’est tout bon ! La fierté en a pris un coup, évidemment, mais ça passera. Je m’époussète un peu et allez hop ! je remonte en selle car l’entraînement n’est pas fini ! La gamelle a certes été sévère mais, encore une fois, il y aura eu plus de peur que de mal. Je m’en tire bien quoique, de l’écorchure, le sang commence à ruisseler le long de ma jambe et que ça me turlupine tout de même un peu… d’autant que la douleur est maintenant montée d’un cran.
PRISE DE CONSCIENCE
Je rejoins Gérard, mon entraîneur, pour lui faire part de ma mésaventure et j’en profite pour observer ma blessure… Ouille ! Elle est plus vilaine que je ne l’avais estimée de prime abord ! C’est une vilaine estafilade que j’ai là , une plaie vraiment profonde. Si je doutais de la gravité du truc, le commentaire de Gérard m’aiderait à comprendre. « Houla ! Tu ne t’es pas raté ! » fait-il la mine catastrophée en songeant déjà , sans doute, à la manière dont il va lui falloir organiser la suite. Ce mercredi 12 septembre, c’est le second entraînement de la saison, le premier depuis la journée de présentation des associations de Gagny, autant dire que le groupe est plus étoffé qu’à l’accoutumée -- notamment au cÅ“ur de l’hiver -, et qu’il comporte beaucoup de nouveaux venus sur lesquels il faut veiller avec plus d’attention que jamais. Gérard se serait bien passé de cette tuile ! Heureusement, Kevin est là pour le seconder ! Il se concerte avec lui pour savoir ce qu’il convient de faire. J’entends des mots qui font peur : pompiers, hôpital, points… et je comprends alors que c’est plus grave que je n’imaginais !
CONNES SEQUENCES
Escorté par Kevin, le retour au Club a été pénible et angoissant. Dans ma jambe, la douleur prenait un peu plus ses aises et pédaler devenait à chaque instant moins évident. Et tandis que dans ma bouche stagnait comme un goût de défaite, une meute de sombres pensées s’enrageait dans ma tête. La perspective d’aller à l’hôpital ne m’enchantait pas mais je songeais, aussi, à la prochaine compétition programmée pour le 28 et à tous les efforts que j’avais consenti pour continuer à perdre du poids et à progresser. Jamais je ne m’étais senti aussi fort, jamais je n’avais été plus en forme, jamais je n’avais été plus confiant -- sans doute trop ! -- et voilà qu’une chute venait tout remettre en cause ! C’était pas juste ! Le samedi précédent, pour la première fois, j’étais arrivé classé. Dans l’épreuve sur route de Villetaneuse, j’étais arrivé troisième et pour moi, c’était déjà une victoire ! Gonflé à bloc, je voulais continuer sur ma lancée, renouveler l’exploit… et si possible faire mieux.
DES NÅ’UDS A L’ESTOMAC
Au Club, sagement assis, comme un enfant pris en faute, j’attendais mon père. Maintenant que je n’étais plus soutenu par l’excitation qui m’habitait jusqu’alors, la douleur se faisait moins tolérable et ma tête devenait cotonneuse. D’ici à ce que je tombe dans les pommes… Mon père est arrivé avec des compresses, du désinfectant… Il m’a fait un sourire et a tenté une blague mais, en grimaçant, ne s’est penché qu’un instant sur ma blessure. « Pas la peine de bricoler, a-t-il dit, on file aux urgences ! ». Mon estomac s’est noué. A partir de maintenant, c’était du sérieux !
LES URGENCES ? TU PARLES !
Aux urgences de l’Orangerie, au Perreux, mon cas ne semblait pas si sérieux en revanche. Mon père est allé signaler mon arrivée à l’infirmière qui se tenait derrière le guichet. Chute de vélo, blessure à la jambe, adresse, carte vitale… les formalités administratives ont été vite expédiées. L’infirmière a pu reprendre sa conversation avec ses collègues. Celle-ci semblait davantage l’intéresser que l’état de ma jambe. Avec mon père, nous nous sommes installés face au guichet des jambes molles -- « pour qu’ils puissent bien te voir » m’expliqua mon père . Ils ne pouvaient pas me louper ces professionnels consciencieux ! J’étais le plus saignant de toute la salle d’attente ! Et de plus, encore revêtu de ma tenue de vélo aux couleurs de l’USM Gagny qui est d’un « jaune tour de France » absolument pimpant. On ne pouvait pas me louper ! Elles sont pourtant parvenues à m’oublier ! Au bout d’une heure et quart, j’y étais encore ! Mon père est allé demander s’il ne convenait pas de nettoyer ma plaie que personne n’avait pris la peine de venir ausculter.
LE GAZ QUI FAIT RIRE, C’EST VRAIMENT D’LA DAUBE !
Alors, bizarrement, les choses se sont soudain accélérées. On m’a fait entrer dans l’une des salles d’intervention. On m’a allongé sur un lit et l’on a, enfin, été pleins d’égards pour moi. On m’a dit qu’on allait désinfecter la plaie que j’avais à la jambe, que je ne sentirais rien, ou pas grand chose, puisqu’on allait m’endormir… Elles étaient bien sympas les infirmières, mais si elles pensaient m’endormir avec leurs propos rassurants, elles se mettaient le doigt dans l’Å“il ! Enfin, comme elles semblaient motivées, je les ai laissées s’occuper de moi et me coller un masque sur le pif ! C’était pas le moment de bouder le « gaz qui fait rire » et estourbit la douleur… Ouais… seulement la théorie c’est bien joli, mais la souffrance, elle était encore là quand le médecin s’est mis en tête de tripoter la viande que j’avais à l’air. Il a décidé de me venir en aide et de me soulager un peu mieux. Moi, j’étais partant, mais quand il s’est emparé d’une seringue, je n’en menais pas large, et quand il m’a balancé une giclée de son antalgique tout autour de la plaie, j’avais les bras plutôt ficelle.
LA COUTURE, C’EST PAS POUR LES FILLETTES !
C’était cousu de fil noir son histoire à dormir debout ! Dès que ma jambe a été moins sensible, le docteur -- un jeune gars plutôt cool pourtant -- n’a plus pris de gants avec moi… même s’il y est allé avec des pincettes. Avec sa saleté d’aiguille recourbée -- un véritable hameçon pour tout dire -, il s’est mis à me repriser la peau. Sans faire sa mijaurée, il s’est appliqué sur sa couture et a décoré ma guibole de huit points de suture. Autant dire huit galons ! Encore plus glorieux que les merdailles qu’on distribue aux vainqueurs à la fin des épreuves. Pour un peu, je lui aurais presque demandé de m’en rajouter encore quelques unes -- disons deux ou quatre pour que leur nombre soit plus impressionnant ! -- mais l’entêté s’en est tenu à ce qu’il avait décidé ! Il faut avouer que lorsqu’il a déposé ses instruments au fond d’une petite bassine en inox, l’envie de demander un peu de rab’ m’était tout à fait passée ! Sans rancune docteur ! Et au plaisir de ne plus vous revoir !
TOUT ÇA POUR ÇA !
J’avais dix jours à attendre avant qu’on procède à l’ablation de mes fils… -- avant qu’on me les coupe quoi ! -- et chaque jour, je craignais que ma plaie s’infecte et m’interdise de refaire du vélo, ou qu’elle diminue mes capacités physiques, ou qu’elle affecte trop mon état de forme pour que je puisse recoller au peloton… Autant vous dire que le 10e jour, j’étais chez un médecin pour vérifier si ma plaie avait suffisamment cicatrisée pour qu’on puisse enfin retirer les fils que j’avais à la patte ! J’aurais mieux fait d’attendre deux jours de plus que mon médecin consulte ! Car le Dr Schnock que je suis allé voir a pris ses gros ciseaux, et tchic ! et tchic ! et tchac ! il a coupé tous les fils qu’il voyait -- laissant dans ma peau ceux qu’il ne voyait pas -- et ainsi permis à ma plaie de se rouvrir ! Et dire qu’il a fallu à ce couillon bosser dix ans après le bac pour arriver à un tel résultat ! Lamentable ! Et le pire, c’est que sur le moment, j’étais plutôt content car je pensais que j’allais pouvoir reprendre le vélo très bientôt ! Le lendemain, c’était un dimanche, j’ai même un peu roulé dans le quartier, histoire de ne pas trop me rouiller, histoire, aussi, de voir comment je tournais les jambes et de ne pas rester sur la sale impression que m’avait laissé la chute. Lundi, j’ai compris qu’il me faudrait patienter encore un peu, alors j’ai décidé de tuer le temps en commençant un blog qui parlerait de ma passion, le vélo.
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